Il existe deux façons d’aborder le raisin en Alsace. La première consiste à le boire, et l’on ne saurait s’y opposer. La seconde consiste à s’en faire masser — et c’est nettement moins courant. À l’heure des vendanges, un week-end vinothérapie en Alsace réunit les deux, dans un ordre qu’il vous appartient de fixer.
Septembre, le mois où le vignoble travaille
Les vendanges alsaciennes ont considérablement avancé dans le calendrier. Là où l’on attendait encore le 21 septembre pour les grands crus au début des années 2000, les premiers coups de sécateur destinés au crémant d’Alsace tombent désormais dès la seconde quinzaine d’août. Concrètement, cela signifie qu’entre fin août et fin septembre, le vignoble est en pleine activité : bennes sur les routes, portes de caves ouvertes, cortèges de chars fleuris dans les villages.

C’est la meilleure saison pour venir, et la plus émouvante. Les villages de la Route des Vins célèbrent la récolte dans un esprit résolument festif — vin nouveau, noix, lard et pain paysan. Consultez les fêtes des vendanges du vignoble alsacien pour caler vos dates : Ribeauvillé, Barr, Eguisheim, chacun a son rendez-vous.
Strasbourg, le bon camp de base
Beaucoup de visiteurs choisissent de dormir dans le vignoble. C’est une erreur de logistique. Depuis Strasbourg, la Route des Vins commence à une quarantaine de minutes de voiture, et l’on rejoint Obernai, Barr ou Mittelbergheim sans effort. Surtout, la ville offre le soir ce que les villages n’offrent pas : une table raffinée, un bar ouvert tard, un spa.
L’organisation idéale tient en trois temps. Le matin, le vignoble. L’après-midi, le retour et le soin. Le soir, la Grande Île et le dîner. On rentre chez soi en ayant l’impression d’avoir passé une semaine dehors.
Un mot pratique, puisque le sujet est le vin : si vous prévoyez de déguster sérieusement, préférez le train jusqu’à Obernai ou Barr, tous deux desservis depuis la gare de Strasbourg en une petite demi-heure, et complétez à vélo ou avec un chauffeur local. Vous gagnerez en tranquillité ce que vous perdrez en souplesse d’itinéraire.
La vinothérapie : ce que la vigne fait à la peau
Au cœur de l’hôtel Maison Rouge, le spa consacre 150 mètres carrés au bien-être — hammam, sauna, bain à remous, douche sensorielle — et propose des soins de vinothérapie en association avec la marque Vinésime. Le principe : exploiter les propriétés de la vigne et du raisin, riches en polyphénols, pour des protocoles de gommage, d’enveloppement et de massage.

Deux soins signature structurent la carte des soins du spa. Le premier associe un gommage au Gewurztraminer et un massage à l’huile sensuelle volupté, sur soixante minutes. Le second, plus long, déroule sur quatre-vingt-dix minutes un gommage Grand Cru, un enveloppement revitalisant au raisin et le même massage. Dans les deux cas, l’odeur seule vaut le déplacement. L’accès à l’espace bien-être est réservé aux personnes de plus de 16 ans.
Trois formules pour un week-end œnotouristique
Nos forfaits vinothérapie sont pensés pour éviter d’avoir à tout composer soi-même :
- Vinotherapy — à partir de 498 € pour deux : chambre, petit-déjeuner, 60 minutes de soin signature par personne, une heure d’accès à l’espace bien-être, une demi-bouteille de crémant d’Alsace, départ tardif à 15 heures.
- Grand Millésime — à partir de 505 € pour deux : chambre, petit-déjeuner, 90 minutes de soin Grand Millésime par personne, crémant, départ tardif.
- Unlock the local secrets — à partir de 399 € pour deux : chambre, petit-déjeuner, guide privé, crémant, départ tardif. La formule à retenir si vous ne connaissez pas encore la ville. Réservable jusqu’à deux semaines avant l’arrivée.
Toutes les offres sont soumises à disponibilité, et septembre est un mois tendu à Strasbourg. Anticipez.
Une journée type, pour fixer les idées
Départ à 9 heures vers Mittelbergheim, dégustation chez un vigneron, déjeuner dans une winstub de village. Retour à 15 heures. Soin à 16 heures, hammam ensuite, puis une heure de flottement dans un peignoir — l’étape que tout le monde sous-estime. À 20 heures, dîner au « 1387 », le restaurant-bar de la maison, un verre d’alsace à la main. Le lendemain, brunch dominical dans les Salons Mistinguett, sous les moulures Art Déco.
Le raisin, décidément, se prête à tout.